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La palmeraie de Lâarja (العرجة), un espoir qu’on étrangle

février 28, 2016 Actualité, Dossier 1 Commentaire

Une quantité phénoménale d’eau la traverse pour se déverser dans les déserts

Après la perte d’un vaste espace naguère source de vie d’un grand nombre de familles figuiguiennes au lendemain de la Marche Verte et de l’avancée de l’armée algérienne vers les années soixante-dix du siècle passé, Figuig a gardé un espoir : celui de retrouver ses terres spoliées par l’Algérie ou cédées par le Maroc suite au traité signé en 1972 avec ce pays. Hélas les choses n’ont fait que s’empirer et le Maroc et l’Algérie ne font que s’engouffrer dans une haine qui frôle l’absurde.

La région connaît un important travail

Situation

Lâarja dite surtout Ighzer-n-Ifeyyey ou Ighzer tout court est une palmeraie située au nord-est de Figuig sur les rives d’une rivière dite parfois Zouzfana. C’est une palmeraie très ancienne ; elle permettait à des familles de vivre. La nature de ses sols et sa richesse en eau a attiré des investisseurs surtout vers les années quatre-vingt-dix.

Jeunes palmiers plantés avec des normes modernes

Lâarja, une solution de survie pour Figuig

Les palmeraies jouxtant les ksour de Figuig sont vieillissantes ; leur surexploitation durant des siècles a appauvri leurs sols et le morcellement de leurs parcelles cultivables entre héritiers a transformé ces propriétés en micro-pièces impossible à exploiter. Une vague de travail des terres se situant près des oueds s’est emparée des oasiens après les années soixante et soixante-dix avec nos émigrés, notamment en France, qui revenaient au pays avec des capitaux et des motopompes. Cependant suite au litige algéro-marocain, les populations locales ont été dépossédées, humiliées et réduites au statut d' »orphelins de terre » comme on dit, par métaphore, à Figuig. Les années quatre-vingt-dix du siècle passé ont vu naître un espoir : celui de retour au sol et de travail de la terre. Un souffle de survie qui se concrétisait à Lâarja !

Techniques modernes d’irrigation

Lâarja, des investissements très importants

Les locaux tout comme les émigrés ou ceux venus d’autres villes marocaines se sont mis au travail de la terre notamment à Lâarja ; la présence d’une eau douce en quantité en sous-sol a constitué un facteur très encourageant et a bien stimulé ces investisseurs. Des fermes avec des nouvelles techniques d’exploitation agricoles ont vu le jour. D’importants capitaux y ont été investis et la région promettait à Figuig de retrouver sa vitalité d’antan et redonner ainsi espoir à sa population : une chance de survie pour Figuig.

Une importante communauté nomade y vit

Lâarja, la dépossession et le cloisonnement

Viennent les fameuses années des grillages ! 2007, de nouveaux postes frontières poussent partout : la population est écrasée ! 2012, des caméras sont installées, les travailleurs de la terre et les bergers étouffent ! Octobre 2015, une multiplication métastasique des postes frontière s’empare de Figuig et à Lâarja on comprend que la suite c’est l’asphyxie ! On assiste alors impuissant à cette machine militaire qui écrasera tout ! La fin de Lâarja n’est plus un doute mais une réalité ! Des grillages à ériger, des jardins à amputer, des jardins à rejeter entièrement en dehors du grillage, des interdictions d’accès, des fossés à creuser, des remblais à édifier pour barrer la route à ces modestes travailleurs de la terre et à ces bergers de la misère ! Tout est déjà décidé : les capitaux sont débloqués, les engins sont là à deux pas de la palmeraie de Lâarja, du personnel qualifié dans la destruction est prêt à massacrer une fragile oasis et la machine d’oppression prête à tout imposer ! Même l’accès à la rivière de Lâarja sera interdit et même le sable de construction qui en provenait impossible à trouver à Figuig ! Tout sera paralysé à Figuig.

Pâturage pour moutons de nomades

Lâarja, l’espoir perdu

L’espoir que constituait Lâarja s’est transformé en désespoir ! Les énormes sommes d’argents investies dans la région seront prises par les vents des déserts et les terres cloisonnées de partout par les militaires qui, semble-t-il, sont allergiques au travail de la terre et à tout signe de vie ! La mort s’emparera de Lâarja bientôt et seul les postes militaires, les guérites, les barbelés, les grillages, les caméras, les fossés et les camions armés y survivront ! C’est cela le Maroc Vert !

Avec la mort de Lâarja c’est la mort de Figuig tout entier et de tout l’espoir d’y travailler ou d’y vivre qui s’annonce claire dans le ciel de Figuig ! Ce Figuig qu’on assassine !

Jardins fraîchement travaillés

Seule source de sable pour construction pour tout Figuig

Une plage pour petits Figuiguiens

Le bonheur d’y aller pour respirer

Au secours ! Ils nous chassent de chez nous !

Hassane Benamara Figuignews.com 2016

Actuellement il y a "1 seul commentaire" sur cet article:

  1. je suis figuig dit :

    des investissement qui ont été fait avec les propres moyens de ces militants figuiguien, Le Maroc vert est très loin de cette parcelle du Maroc, il est absent aucune aide à ces agriculteurs, de plus le grignotage chaque fois sur ces terres fait de cet investissement le plus cher dans le monde du fait qu’il est fait avec un taux de risque qui peut atteindre 100% ou plus puisque à n’importe quel moment on peut être privé de tout ce qu’on a investit, ce ci n’est pas de la fiction , ça existe et ça n’existe qu’à figuig.

    c’est ce qu’on appelle l’amour de la nation!!!!!!!

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