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Que reste-t-il de la bijouterie de Figuig ?

janvier 19, 2017 Espace social et citoyen Aucun commentaire

Aqeyyar, bijou conçu à Figuig vers le début du vingtième siècle (H 3,5 cm)

Nos bijoutiers ont disparu et notre bijouterie s’est subitement éteinte mais qu’en reste-il et qu’en sait-on ?

Iseghnes, fibule conçue à Figuig vers la deuxième moitié du dix-neuvième siècle (H. 15 cm)

Par cette note nous espérons donner une idée générale qui ne va pas trop loin sur la bijouterie de Figuig, ce métier-art et savoir-faire qui s’est subitement éteint vers la fin de la première moitié du vingtième siècle avec le passage de Figuig de ville-carrefour en ville-impasse. Il faut noter que Figuig, comme l’atteste la tardions orale, regorgeait d’or qui provenait de la lointaine Afrique au temps où le commerce transsaharien faisait le bonheur d’un grand nombre de familles figuiguiennes et qu’à Figuig, toutes sortes de devises circulaient avant et pendant la colonisation française (marocaines, espagnole, françaises et même russes etc.) Cela n’est pas sans impact direct sur la bijouterie locale.

Des témoins de la très lointaine préhistoire locale.

Y avait-il de bijouterie propre à Figuig ?

Certes, nous pouvons trouver à Figuig des bijoux de plusieurs provenances : Tlemcen, Algérie (vaguement), Fès, Marrakech et le sud marocain (vaguement aussi), la France et l’Europe (vaguement) toutefois un fond ou produit local qui nécessite une recherche un peu profonde et beaucoup de temps aurait pu exister. De la lointaine préhistoire, bien des traces attestent que nos lointains aïeux étaient coquets et accordaient de l’importance à leur facultés séductrices (leur look dirons-nous aujourd’hui).  Les premiers bijoux dont nous disposons se confectionnaient d’écailles d’œufs d’autruche (timellalin n usid) mais depuis ces lointains temps jusqu’à la première moitié du dix-neuvième siècle, nous sommes dépourvus de témoins. Il s’agit donc d’une longue période occultée et qui nécessite une recherche à la fois sur les documents écrits, sur le terrain et sur la littérature orale.

Bijou qui remonte au début du vingtième siècle

Un travail propre à la communauté juive de Figuig ?

Depuis quand la joaillerie à Figuig était l’œuvre des familles juives ? Nous n’en savons rien ou presque. Le savoir-faire lié à la bijouterie était du ressort des Juifs de Figuig mais comme le dernier d’entre eux a quitté cette ville vers 1960, ce métier-art a plié bagage et depuis ce temps Figuig reste sans bijoutiers, sans bijouterie et (sans joaillerie ?) ? Qui assurait cette tâche ou qui gardait ce grand héritage avant cette communauté ? Comment se transmettait ce savoir-faire ? Si la majorité de ceux que nous avons interrogés à ce propos ne vont pas au-delà de la fin du dix-neuvième siècle dans leur témoignage, plusieurs données notamment archéologiques attestent que ce métier a toujours existé à Figuig.

Ssfifet, bijou porté par les mariées durant la première semaine du mariage

Les décennies où ce patrimoine se vendait aux « bouchehlouf »

Plusieurs bijoux et objets de grande valeur ont été vendus par des familles figuiguiennes pendant les années soixante-dix et quatre-vingts du siècle passé aux fameux antiquaires marrakchis qui les vendaient à leurs tours aux touristes étrangers ou aux bijoutiers marocains qui les fondaient. On parle également de bijoux volés pendant les années de plomb (soixante-dix) par l’armée. Ce phénomène n’a heureusement pas touché toutes les familles figuiguiennes et certaines d’entre elles gardent fièrement des bijoux qui ont appartenu à leurs grands parents comme souvenirs de ces lointains ou proches aïeux. Il est vrai que ces bijoux ont en plus de leur valeur monétaire liée à leur matière une autre valeur historique et esthétique inestimables qui nécessite un travail de recherche.

Llwiz, collier avec pièces de monnaie en or (Roi Louis)

Bijoux-monnaie

Certains bijoux sont confectionnés à partir de pièces de monnaies surtout des trois pays que sont le Maroc, l’Espagne et la France : nous avons par exemple *adrim ou *derhem (dirham) en argent, *tteblounet du nom du doublon d’or espagnol, *ryal du nom du real (royal) d’or espagnol, *llwiz, du nom du Louis d’or français.

Bounounou, bijou qui remonte à la fin du dix-neuvième siècle. Nous ne disposons pas d’assez d’information à son égard

Hassane Benamara

Figuignews.com 2017

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