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De l’inutilité de l’enseignement du français dans nos écoles

mars 20, 2017 Dossier 5 Commentaires

Pourquoi noircir les journées de nos jeunes avec de telles thématiques ?

Faut-il encore enseigner la langue française dans nos écoles ? C’est une question et non une insinuation ou une allusion à l’enseignement de la langue anglaise qui rivalise avec l’enseignement du français dans les écoles marocaines car l’enseignement du français est  devenu synonyme d’échec, de médiocrité et d’archaïsme.

Des démons, des jnous, … pour des jeunes

Ambition officielle et faillite réelle

« Au bout de ces x années d’étude, l’élève marocain sera en mesure de maîtriser l’expression en langue française« . Les termes officiels sont toujours formulés ainsi. S’agit-il de rêve ou de folie officiel(le) ? Quel homme sur terre maîtrise-t-il une langue fût-elle sa langue maternelle ? Au bout de dix à onze ans d’étude du français, nos élèves n’arrivent même pas à composer un énoncé de type « j’ai fait du retard car mon vélo est tombé en panne » pour justifier un retard de dix minutes face à un enseignant. Beaucoup d’énergie, beaucoup d’investissement, beaucoup de temps et le résultat, s’il y en a un, est nul. Pire encore, le français perturbe les études de nos élèves car ils doivent trouver énormément de notes ailleurs pour combler les trous causés par cette maudite langue. Les enseignants de cette matière sont dans la morosité et ont besoin de morphine pour se calmer les nerfs en sortant de leurs classes et non de Doliprane. Ils sont accusés de tous les maux et ne gagnent que l’hostilité de leurs élèves et celle de leurs sociétés.

Une folie ou une ambition ?

A l’heure où le nombre d’heures allouées à l’enseignement du français tout comme celui des mathématiques au collège a diminué d’un tiers en quelques années pour économiser un tiers en personnel enseignant, à l’heure où les enseignants de français au primaire (les pauvres !) enseignent plusieurs langues, plusieurs matières et plusieurs niveaux à la fois (là le français s’enseigne en arabe), à l’heure où au lycée on enseigne une littérature française d’un archaïsme à toute épreuve, nos responsables parlent de maîtrise de la langue qui est justement dite de Molière, le très vieux !

Qui élabore nos programmes scolaires ?

Nos programmes scolaires de français sont probablement élaborés ou dictés à nos responsables par une certaine élite aristocratique parisienne d’un autre temps. Imaginez des élèves même pas en mesure de demander l’heure en français étudiant des écrivains plus que classiques comme Molière, Balzac, Voltaire… ! Imaginez un élève marocain à qui l’on apprend les comédies de Molière du (seizième siècle) en français ancien que même les natifs de la langue française ne comprennent plus ! Imaginez Balzac enseigné à des élèves marocains qui ne savent même pas demander une information sur un lieu ! D’ailleurs les élèves français de ces tranches d’âge sont-ils en mesure de comprendre Balzac ? Imaginez une terminologie qui sort directement des universités occidentales pour s’enseigner aux élèves qui peinent à déchiffrer des mots. La rhétorique, les focalisations, les courants littéraires, les problématiques liées aux définitions de genres littéraires, les théories d’énonciation et de communication, la narratologie, la terminologie générativiste et tout l’arsenal de guerre universitaire enseigné à des pauvres élèves qui n’arrivent pas au terme de leurs études de lycée (dix ans de français) à faire la distinction entre  les lettres « j » et « g » ; « k », « c » et « q »… !

Archaïque, l’enseignement du français

Le français était autre fois, une matière de récréation pour nos élèves, une matière d’ouverture, une matière d’épanouissement et d’application des nouvelles méthodes d’enseignement. Aujourd’hui, c’est de la « scolastique » pure et dure !

Le français, une descente aux enfers

Avez-vous une idée sur les programmes scolaires en matière de français ? C’est horrible ! Dans la classe de deuxième année du lycée marocain, par exemple, nos élèves ont trois œuvres à étudier au programme, eux qui ne lisent jamais même une page : la première est une autobiographie où les démons, les diables noirs, les magiciens ruinent les journées de nos élèves. La seconde leur parle de la tragédie de l’Homme, de la mort, du suicide, de l’inceste, des prisons fermant ainsi tout horizon à leur réflexion. La troisième : un condamné à mort invite nos élèves dans sa cellule et dans son cœur voué à la guillotine ! Quel crime ont-ils commis pour leur enseigner de telles œuvres ? Pourquoi noircir leurs journées et leurs vies ?

Aujourd’hui, c’est un calvaire et une honte que d’enseigner le français au Maroc !

Nos élèves n’aiment plus cette langue et ils n’ont que raison !

Hassane Benamara

Figuignews.com 2017

Actuellement il y a "5 commentaires" sur cet article:

  1. mobaghdad dit :

    Si ce n’était que le français. Il y a une phobie de tout ce qui est écrit. Vaux mieux essayer de limiter la casse avec peut-être des films, des sermons vidéo, et apprendre au élèves comment maîtriser le copier/coller pour les besoins d’examen.
    Une autre génération n’avait de support qu’un tableau noir à l’école, les séries de lecture facile au collège, quelques livres en arabe ou autre offert ou a prix bas, grâce à « la guerre froide ». Style: Lettre de Moscou, Reader’s digest (al moukhtar), almizmar, alarabi…etc. Mais il y avait du gout et de la volonté à lire, de l’écrit. Non pas le vu, le contemplé, y compris celui qu’on blute et qu’on copie.
    J’en ai lu des phrase verbales sans verbe, et même des des phrase nominale sans accord de genre ni de nombre, ou avec des adjectifs ou adverbes sans sens, ils sont juste venus comme ça…L’art du collage …oral et écrit.
    Merci l’école. Merci depuis l’ARABISATION. Quoi que: A l’UNEM, c’était l’une des 4!!!!
    Folie de jeunesse, nostalgie et « aigritude »; dirait l’autre.

  2. Sylvie Bassim dit :

    Je souhaiterai « remettre les pendules à l’heure » !
    Toutes les langues sont belles y compris la langue de Molière !
    Il suffirait d’un peu de volonté et d’opiniâtreté pour avoir le COURAGE de lire un livre au lieu de chatter le soir ou même la journée grâce à la box du café.
    Combien sont-ils les professeurs qui cherchent toujours à sublimer leur savoir ?
    Combien sont-ils les élèves inscrits en bibliothèque du lycée ? (en dehors de la période d’examens)
    Je concède que le choix des œuvres n’est pas génial.
    J’ai d’ailleurs eu l’insigne honneur de faire lire une oeuvre à un élève qui a fini par la comprendre et l’apprécier. tout était dans l’accompagnement, et dans la mimique. Nous y avions pris alors beaucoup de plaisir.
    Comment un grand professeur peut-il montrer l’exemple ? s’il est lui même désabuser ?

  3. mobaghdad dit :

    Les pendules sont à l’heure. Peut-être pas avec une précision atomique mais à l’heure quand-même.
    Quand j’ai parlé d’arabe, je parle d’imposer une langue.
    Le goût de lire existe encore. Les jeunes d’aujourd’hui lisent beaucoup plus que ce qui était disponible pour les écoliers des années 60-70-et débuts des années 80. Avec un plus médiocre résultat, cependant.
    Un bête sur internet peut comporter plus de mots, très techniques parfois, que ne comporterait une histoire ou BD orienté enfant. Mais, un jeu est un jeu et un livre est un livre. Ce dernier travaille la langue. Il ne sert pas à faire le paon quand on a gagné « une vie » ou fait un max de points.
    Le problème est dans l’accompagnement, c’est vrai. Vous avez raison sur ce point.
    Les profs ne sont pas désabusés et je ne crois pas qu’ils cèdent pour des ambitions personnels. Il sont au contact brulant sur une réalité: L’inutilité et la vanité (De l’adjectif, vain, vaine) de l’effort pou expliquer, inculquer, ou juste persuader les générations montante de la valeur de chaque chose, dans son contexte et à sa place.
    Lire, c’est travailler la langue et surfer, c’est selon.
    Il faut cependant noter dans qu’apprendre une langue (Non imposée, comme seule et unique) fait partie des prérogatives d’une société, alors que d’autres moyens peuvent enrichir ou appauvrir selon les cas. Et dans ce dernier cas, ce n’est pas au profs, ni au parti, ni qui que ce soit, de s’en occuper. C’est l’éducation dans son sens globale, qui est en jeu. Surtout, celle des parents.

  4. Youssef dit :

    Je crois aussi que l’arabe ne servait à rien à l’exception de la production du terrorisme et la haine entre les gens . est-ce que vous ne sentez pas de la honte en parlant dans une langue morte sans utilité ? si vous pensez à une langue sur le sol des hommes libres ça serait mieux d’enlever l’outil de l’échec et de mépris « kharabiya » .

  5. ahmed dit :

    Langue colniale !
    Basta, la France et sa langue c’est de la colonisation !
    Regardez ce qui se passe à Al Hoceima, c’est supervisé par la France avec ses bombes lacrymogène fabriquées en France !
    lien
    http://www.huffpostmaghreb.com/2017/07/21/marche-20-juillet-al-hoceima-images_n_17551632.html

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