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Figuig, où va notre enseignement ? (débat)

juillet 14, 2017 Actualité, Dossier 2 Commentaires

A quarante ans d’écart, on enseigne des mêmes manières et les mêmes contenus

Tous les indices sont au rouge : les niveaux de nos élèves sont des très faibles. La solution ne peut être proposée tant que le diagnostic reste non fait. Que faire ?

Situation catastrophique

S’il est vrai que pour les familles à Figuig, comme ailleurs, l’enseignement de leurs enfants reste très important ou prioritaire, il n’en demeure pas moins que les résultats de nos élèves vont de moins en moins acceptables et frôlent parfois même la catastrophe. Les chiffres sont eux très alarmants depuis le primaire jusqu’au terminal. Il ne s’agit pas d’humeur pessimiste ou défaitiste mais les chiffres sont là pour parler. Cette année, par exemple, le taux de réussite au bac à Figuig est l’un des très bas au Maroc et il se situe au dessous de la moyenne nationale alors qu’il y a quelques années, il se situait au dessus de cette moyenne.

Une école très archaïque

Rien à l’école marocaine n’attire les jeunes enfants ni les moins jeunes : programmes, méthodes, outils pédagogiques, examens, comportements vis à vis des élèves, débouchés… ! L’école marocaine est répugnante et très dépassée par ces temps estime-t-on un peu partout ! Le chômage des diplômés dont Figuig brille, l’écart entre la réalité et les enseignements de nos institutions, le désengagement de l’Etat marocain font de l’école une corvée et une prison pour les élèves qui la boudent de plus en plus. La démotivation est grande !

Investissement énorme

Pour les modestes familles de Figuig, les investissements consentis pour l’enseignement de leurs enfants sont très grands. Les parents s’investissent de plus en plus en vain ; des associations proposent leurs aides et des cours de soutien sont parfois proposés mais il semble que le mal n’est pas identifié et donc le remède inefficace. On voit nos élèves tard la nuit dans les rues de la ville les sacs sur le dos revenir des fameux cours de soutien et rien ne change ! D’ailleurs à Figuig, on commence des cours de soutien dès le premier jour de la première année d’accès à l’école. En comparaison avec ce qui est investi par les familles, on remarque que l’Etat marocain se désengage de l’enseignement et des solutions de dernières minutes sont proposées en vain. Figurez-vous que même le papier pour photocopie ne se fournit pas par l’Etat.

Et les causes

La grande question qui reste sans réponse et la plus importante reste celle de trouver les vraies causes du mal. Lors des réunions entre parents et enseignants, on se jette la balle et on s’accuse mutuellement ou on sort avec un constat triste selon lequel « les enfants d’aujourd’hui n’aiment pas travailler« . Il se trouve que parfois, le parent d’élève est lui même enseignant. On se jette aussi la responsabilité entre enseignants : le lycée accuse le collège qui accuse le primaire qui à son tour accuse le préscolaire qui impute la cause aux parents qui se justifient en accusant les enseignants qui sont formés pour enseigner et que l’enseignement n’est pas de leur spécialité. Aucune étude sérieuse qui frôlerait l’objectivité n’est faite à Figuig puisqu’on ne parle que de Figuig dans cette note. Le problème reste posé et ses conséquences ravageuses.

Constat d’échec

Nos élèves ne réussissent pas, ils sont faibles et même quand ils réussissent ils échouent une ou deux années après le bac et ils abandonnent leurs études. Ils quittent ! Personne ne veut d’eux ; même l’Europe n’a plus besoin d’eux !

Que proposez-vous ?

Votre contribution ou votre générosité intellectuelle, cher visiteur de ce journal, peut contribuer à trouver un début de solution à cet énorme problème. Merci de participer à ce débat dans la langue que vous maîtrisez le plus.

 

Figuignews.com 2017

Actuellement il y a "2 commentaires" sur cet article:

  1. ahmed dit :

    c’est la faillite à l’échelle nationale

  2. Mohammed dit :

    Bonjour
    Vous avez évoqué un sujet très compliqué. Certes, le problème est à l’échelle national et que différents gouvernements ont montré leurs incompétences pour résoudre le problème d’enseignement au Maroc. Le diagnostic a été effectué par le ministère de l’éducation pour la vision 2030 cependant rien du concret n’a été constaté.
    À mon avis, tant que l’Etat n’investit pas à long terme sur l’éducation en mettant en place un budget respectable, il ne faut pas attendre de vrais changements. La stratégie à adopter se présente ainsi:
    – Construire des écoles et des facultés
    – Réduire l’effectif des élèves et des étudiants
    – Formation des enseignants ( réouverture des centre de formation CPR et des ENES)
    – Motivation des enseignants ( des bons salaires)
    – Blâmer les enseignants non sérieux
    – Revoir les programmes des matières enseignées
    – Généraliser l’enseignement des matières scientifiques en langue Française dès le primaire
    – Réduire le nombre des matières enseignées en particulier en primaire
    – Ne pas changer les programmes chaque année
    – Annuler les examens régionaux
    – un seul programme pour tout les marocains
    – insister sur la communication
    – Genelariser les internâts
    – Assurer la sécurité au niveau de l’école
    – Ouvrir des débats avec les étudiants
    – Recruter des psychologues au sein des
    établissements scolaires
    – Generaliser les activités scolaires (compétitions sportives et culturelles)
    …etc.
    Bien à vous.

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