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4ème édition du festival des cultures des oasis

La ville de Figuig abrite du vendredi 23 au 25 avril 2010 la 4e édition du festival des cultures des oasis, qui connaitra la participation de plusieurs troupes artistiques et acteurs oeuvrant dans le domaine de la créativité et de la culture.
Initié en partenariat entre le Ministère de la culture, l’Agence de l’oriental, le Conseil municipal de Figuig et l’Institut Français de l’oriental, ce festival a pour objectif la valorisation des oasis qui ont été toujours des domaines de coopération, d’échange, de paix et de relations entre les différents peuples.
Cette rencontre culturelle et artistique, a également pour objectif de mettre en exergue le patrimoine spécifique des oasis, leurs caractéristiques et potentialités dans les domaines socio-économiques et culturels.
Au programme de ce festival figurent notamment diverses expositions d’artisanat, d’arts plastiques, de documents, de manuscrits et de photographies.
Des stands d’exposition des produits des oasis, des films documentaires, des ateliers de formation, des conférences et des tables rondes sont également prévus lors de cette 4e édition du festival des cultures des oasis.

Source: http://www.ville-figuig.info/

 

Télécharger le programme du festival en pdf: version arabe & française

L’affiche du festival

 

La bande annonce du Festival

 httpv://www.youtube.com/watch?v=GlhbTk2wfyM&feature=player_embedded

 

La mondialisation vue des oasis

février 20, 2010 Actualité 5 Commentaires

Qu’est ce que la mondialisation ? Une question d’actualité stressante certes mais personne apparemment n’arrive à la définir clairement. D’ailleurs, elle se confond, non sans raison, avec globalisation et parfois même avec américanisation et ce même si, apparemment, les Américains la craignent eux aussi. A Figuig, personne ne la craint !

 

Mondialisation un heureux événement qui tarde à venir

C’est 2010 et le fameux événement, dit GATT[1], tant attendu tarde à venir. Nous attendions bien cette année avec beaucoup d’impatience : une année de salut pour nous à Figuig car on nous promettait l’ouverture de toutes les frontières surtout terrestres du monde et la libre circulation des marchandises sans taxes et des hommes (Le GATT). Nous l’attendions dans notre petite oasis car nous en avons besoin non pour émigrer en Europe mais seulement pour voir nos malheureux jardins rongés par la mort et les armées de l’autre côté de la frontière en Algérie. Ah ! Nos jardins qu’on n’a pas vus depuis des décennies !

Nous l’attendions et nous n’avons même pas fait attention aux postes militaires qui poussaient partout chaque année nous étouffant un peu plus ou nous protégeant des méfaits de la mondialisation comme on protége une centrale nucléaire : une vingtaine de postes du côté marocain et autant du côté algérien.

Malheureusement, pour nous, l’année 2010 et ses ouvertures sont hermétiquement fermées et personne n’ose en parler car les rêves se font forcement au futur et le plus lointain possible.

  

Pour une définition participative de la mondialisation

La mondialisation c’est comme l’air : on ne peut pas expliquer à un non scientifique ce qu’un élément incolore et inodore veut dire par des démonstrations savantes et de ce fait on le lui explique indirectement en lui montrant un papier d’emballage emporté par le vent ou en l’étouffant avec un sac en plastique. Dans ce cas, il verra bien l’effet mais il n’aura peut-être pas le temps de nous signifier qu’il a compris car il sera déjà mort.

Voilà donc pour ne pas trop philosopher, nous optons pour une technique très scolaire avec des exemples à l’appui pour tenter une définition de ce terme très polysémique.

 La mondialisation signifie rentabilité et rendement c’est à dire qu’à Figuig, il faut abattre toutes les variétés de dattes qui sont au nombre de quatre-vingt-dix, à peut près, pour ne garder que le seul, l’unique et le valeureux aziza qui coûte jusqu’à vingt fois plus cher que les autres variétés. C’est la loi du marché qui compte !

Hélas, lui aussi, il ne pourra pas répondre aux besoins du marché vu le manque de terrains suffisants, de l’eau en quantité et du désintérêt de la communauté scientifique. Le résultat est que même lui, il est voué à une disparition certaine. On lui rendra quand même un vibrant hommage car il nous a permis de corrompre pendant les moments très difficiles de notre histoire nos chers responsables.

 La mondialisation signifie « bétonisation«  et « amiante » c’est à dire qu’il faut détruire tous les ksour de Figuig  qui sont d’ailleurs poussiéreux et très vieillots pour reconstruire le tout avec le sacro-saint béton amianté qui est disponible, moins cher, propre et au goût du jour ou de la globalisation. La climatisation naturelle ? On peut la sacrifier au profit de climatiseurs électriques qui pourraient climatiser même les rues des villes.

 La mondialisation signifie « quick » c’est à dire qu’il faut abandonner le couscous et toutes ses variétés, berkoukes et toutes ses variétés, hartita, mihmih, bourtikh,… pour ne consommer que ces repas rapides de l’oncle Sam et faire du sport afin d’éviter l’obésité tout en consultant son médecin chaque semaine par E-médecine. Notre cuisine est lente / longue à préparer donc bonne à rejeter.

La cuisine agrée par la mondialisation préconise le poulet, le veau, le mouton, le porc. Vous imaginez le sort des autres espèces d’animaux en dehors d’une dizaine ? Que deviendront nos chameaux, nos ânes… ?

 La mondialisation signifie prêt à porter c’est à dire qu’il faut abandonner nos djellabas et nos burnous en laine de mouton et ne mettre que des vêtements au top de la modernité bien en plastique et en mélamine qui sont d’ailleurs bien adaptés à notre climat…

 La mondialisation signifie industrialisation c’est à dire qu’il faut abandonner nos malheureux pauvres petits jardins dont l’entretien nous coûte trop cher et nous convertir en ouvriers techniciens. Mais comme il n’y a pas d’usines oasiennes, il faut alors chercher des visas ou mener la vie des éternels clandestins. Clandestins, bons destins : commissariats, prisons, HLM, foyers pour ouvriers, tombes, burka, haschich, barbes, bombes, acculturation, déracinement…

La mondialisation signifie, entre autre, imitation du plus fort dans sa langue par exemple et nous devons nous débarrasser de notre malheureuse Tamazight pour épouser la langue d’Obama par sentiment ou complexe d’infériorité lui aussi au goût du jour.

La mondialisation signifie pollution et réaménagement terrestre c’est à dire que l’Afrique se transformera en une décharge électronique et en une poubelle nucléaire, l’Asie en un immense champ carbonisé à cause des guerres religieuses, l’Europe, dépourvue de ses neiges qu’on ne préférera pas au pétrole, en de grands cimetières, l’Atlantique asséché et aménagé en guise de fosse septique pour les seuls et ultimes habitants de la Terre.

 La mondialisation signifie qu’il faut chercher autour de vous car elle est omniprésente et vous pouvez participer à cette définition indéfinie.

Il s’avère donc que la leçon est bien accessible après tous ces exemples et pour résumer, la mondialisation signifie alors qu’on abandonnera notre cuisine, notre agriculture, notre architecture, notre musique, notre langue, nos jeux, nos…, notre âme pour épouser ceux des autres. Mais comme on abandonnera tout, on se trouvera dans une oasis qui n’en sera plus une. Dans ce cas, il faut, globalisation oblige, que nous changions d’espace et hop Giga-York ! En arrivant à Giga-York, nous serons dans l’esprit du temps c’est à dire au goût de la globalisation. Et cette ville monstre se transformera en un petit village de quelques dix milliard de personnes où il n’y aura pas de dattes, pas de vêtements de laine, pas de couscous, pas de berbères, pas de … Et puisque nous autres oasiens nous n’y servirons à rien, il nous faudra une autosuppression c’est à dire un suicide collectif pour laisser de la place à ceux qui font la pluie et le beau temps.

Et pour une meilleure rentabilisation et une meilleure optimisation de la planète Terre, le monde qui se transformera alors en une immense gigapole ne sera habité que d’une dizaine de milliards d’hommes utiles.

Existeront-ils ces hommes utiles ? Pardon ! Mais qui est vraiment utile sur cette terre ? Et si la terre se posait cette même question ?

Hassane BENAMARA


[1] Le General Agreement on Tariffs and Trade (GATT), en français Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce

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